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Chronique | Église Sainte-Agnès

 

L’église Sainte-Agnès s’est retrouvée au cœur de l’actualité des dernières semaines avec le dévoilement du projet immobilier projeté pour ce site. Nous proposons un retour sur l’histoire de cette église et de ce quartier.

La croissance démographique et économique de Rimouski, ainsi que la montée de l’automobile fait en sorte qu’une partie de la population délaisse les quartiers centraux pour la périphérie de la ville. Le quartier Sainte-Agnès en est un agricole au début des années 1930, mais rapidement le bord de l’eau s’urbanise, faisant le lien entre Saint-Germain et Rimouski-Est. C’est en 1949 que la rue Léonidas est ouverte à la jonction de deux terres agricoles dont les possesseurs se nomment Léonidas. Après le Grand Feu, le quartier connait une expansion significative et est occupé par 342 familles. La paroisse de Sainte-Agnès est alors créée en 1956, détachée de Saint-Yves et Saint-Germain.

La création d’une paroisse suppose la présence d’une église. Jules A. Brillant fait don du terrain pour sa construction. C’est ainsi qu’en janvier 1957, les plans de l’architecte Edgar Courchesne sont soumis à près d’une centaine de paroissiens dans une salle de l’École Léonard, selon le Progrès du Golfe du 18 janvier 1957. Après cette réunion, les plans sont étudiés par la Commission d’art sacré de l’Archevêché de Rimouski pour être approuvés. L’église aura une capacité de 700 places pour des coûts de 150 000$. En plus d’un prêt, des activités de levées de fonds, tels que des parties de cartes, sont organisées afin d’amasser de l’argent pour construire et équiper l’église. En attendant son ouverture, les messes sont célébrées par la curé Alcide Côté dans une chapelle temporaire installée à l’École Léonard.

Edgar Courchesne (1903-1979) est un architecte québécois connu pour ses églises, presbytères et édifices publics. Il étudie auprès d’architectes avant d’entrer à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris en 1930. Après ses études, il va s’instruire directement auprès de l’architecte Dom Paul Bellot, qui donna le nom à un style d’architecture religieuse moderne. Courchesne popularisera ce style au Québec et en sera le fier représentant et promoteur. L’église Sainte-Agnès est de style Dom Bellot, construit avec toute l’expérience qu’il a acquise au courant de sa carrière. On y voit des similitudes avec le reste de son œuvre, notamment, l’église de Sainte-Félicité. L’architecture Dom Bellot est caractérisée par des proportions rigoureuses et une utilisation logique des matériaux qui forment « à la fois la structure et le décor ». L’ornementation est le plus souvent limitée aux motifs des matériaux eux-mêmes et à la polychromie. Comme l’église Sainte-Agnès, cette architecture utilise des arcs pour créer les nervures de voûtes. Le Grand séminaire de Rimouski est également de style Dom Bellot.

Les artistes Marcel Gendreau et Claude Théberge (1934-2008) vont exécuter les scènes religieuses du décor de l’église. Ces œuvres datent du début de la carrière de Claude Théberge, originaire du Bas-Saint-Laurent. Il sera surtout connu pour sa peinture, ses murales et ses sculptures présentes dans l’espace public, notamment dans des stations de métro, le Parlement et le Capitole. Élève de l’École des Beaux-arts du Québec entre 1950 et 1954, il fonde un atelier dédié à l’intégration de l’art à l’architecture en 1960 avec une dizaine d’artistes, dont Marcel Gendreau. Il est influencé par les courants artistiques d’abstraction, figuration, symbolisme et surréalisme.

Maintenant le quartier Sainte-Agnès est intégré à Rimouski et fait partie, au fil des années, d’un ou l’autre des districts électoraux. L’église est une des dernières traces qui marque la présence d’une paroisse distinctive pour Sainte-Agnès dans le paysage rimouskois.

Images: Plan de l’Église Sainte-Agnès par Edgar Courchesne. Progrès du Golfe 18 janvier 1957.Sources :
Le progrès du Golfe, 25 janvier 1957. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2476659?docsearchtext=%C3%89glise%20Sainte-Agn%C3%A8s
Ville de Québec. Répertoire du Patrimoine bâti. « Dom Bellot »https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/patrimoine/bati/thesaurus.aspx?tid=703
Le progrès du Golfe, 27 février 1959. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2476769?docsearchtext=%C3%89glise%20Sainte-Agn%C3%A8s
COLLECTIF. Rimouski, Depuis ses origines. 2006. Société d’histoire du Bas-Saint-Laurent, Société de généalogie et d’archives de Rimouski et GRIDEQ. ihttps://semaphore.uqar.ca/id/eprint/649/1/RIMOUSKI__ORIGINES.pdf
Répertoire du patrimoine culturel du Québec. « Edgar Courchesne ». Ministère de la Culture et des communications. https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=8539&type=pge

Assemblée générale annuelle | Convocation et ordre du jour

C’est avec plaisir que nous vous  invitons à la 18e assemblée générale annuelle de la Société rimouskoise du patrimoine (SRP) qui se tiendra le jeudi 2 juin 2022 à partir de 17h30 à La Station. Nous allons vous présenter les états financiers et le rapport d’activités 2021 ainsi que notre plan d’action 2021-2023. 

L’assemblée sera suivie à 19 h de la conférence La vêture des Canadiens au milieu du 18e siècle, animée par Suzanne Gousse. Cette conférence porte sur l’histoire du costume en Nouvelle-France avant 1760 en explorant l’adaptation et le métissage de l’habillement en lien avec le territoire, le mode de vie et l’influence de ces habitants. L’historienne Suzanne Gousse a été formée en dessin de mode et en haute couture avant de se lancer dans la confection de reproductions de  costumes pour les musées et sites historiques. Elle a publié Les couturières de Montréal au XVIIIe siècle aux éditions Septentrion en 2013 et a obtenu son doctorat en histoire en 2020

Date : Jeudi 2 mai 2022 | 17h30

Lieu : La Station | 40, rue Saint-Germain Est, Rimouski

L’objectif de l’organisme est de mettre en valeur l’architecture et l’histoire de Rimouski afin de sensibiliser la population à la sauvegarde du patrimoine bâti. Pour répondre à notre mission, nous organisons diverses activités de sensibilisation en plus d’offrir un service-conseil gratuit aux propriétaires désirant rénover leur immeuble tout en respectant le cachet d’origine. La SRP assure également la gestion des Circuits Rimouski et du Site historique de la maison Lamontagne.

Veuillez noter que pour avoir un droit de vote lors de l’assemblée générale annuelle, vous devez être membre de l’organisme. 

En espérant vous rencontrer lors de cette soirée, recevez nos meilleures salutations. 

Pour télécharger l’ordre du jour, cliquez ici.

Chronique architecturale | Le patrimoine rimouskois dans l’actualité

Plusieurs bâtiments rimouskois se sont retrouvés au cœur de l’actualité des dernières semaines! Pour cette chronique, nous proposons un tour d’horizon de l’histoire architecturale du Grand Séminaire, de la Gare de Rimouski, du Couvent des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire et du Musée régional de Rimouski

Gare de Rimouski

La construction de l’Intercolonial railroad débute à Rimouski en 1869, suivant la signature de la Loi constitutionnelle. La création d’un chemin de fer reliant toutes les provinces était une condition de l’entente créant le Dominion du Canada. Le bâtiment actuel, inauguré en 1937, est la troisième gare dont Rimouski fut doté. La nouvelle construction et la démolition de la précédente furent motivées par l’augmentation du trafic ferroviaire, illustrant une période de grand développement économique de la région.

La gare est de style Arts and Crafts, qui est un mouvement artistique s’inscrivant en réaction au dépouillement ornemental causé par l’industrialisation. En architecture, il est caractérisé par l’usage de matériaux et techniques traditionnels et d’une concordance entre la forme du bâtiment et sa fonction, créant des édifices uniques.

La gare est alors composée d’un corps central rectangulaire avec une avancée vers la rue, tandis que sur la façade sud se dégage le bureau du chef de la gare avec ses fenêtres pour observer les trains et les passagers. Lors de sa construction, l’intérieur y est divisé en une « salle pour les hommes, un bureau pour la vente de billets, un bureau pour le télégraphe, une salle pour les dames et un bureau pour les messageries (Express)». Son toit en croupe à larmier légèrement cintré, ses deux marquises sur la façade nord soutenues par des aisseliers et l’usage de deux matériaux pour son recouvrement extérieur en sont des éléments distinctifs.

La gare est un des lieux centraux des villages autour duquel s’arrime le quotidien des habitants. Ce faisant, en plus d’être un bâtiment intéressant pour son histoire et son architecture, il est également un lieu de mémoire important. La Ville de Rimouski a annoncé récemment en être le nouveau propriétaire.

Grand Séminaire

L’apparence que l’on connait au bâtiment date de 1946. En effet, déjà présent sur place dans les anciens bâtiments de la maison Sainte-Thérèse, destiné aux retraites fermées féminines, le Grand Séminaire de Rimouski est agrandi dans ces années selon les plans de l’architecte Albert Leclerc. Ce dernier, originaire de L’Islet, est également connu pour le Couvent des Sœurs du Saint-Rosaire et l’Église Saint-Yves. La hausse du nombre d’étudiants en théologie, alors chiffré à une vingtaine de séminaristes, explique les travaux. La nouvelle aile vient doubler l’espace. En 1973, la formation du clergé migre au Grand Séminaire de Québec. Malgré tout, celui de Rimouski continuera sa mission éducative et pastorale jusqu’à aujourd’hui. Il loge actuellement des étudiants, professeurs, patients et prêtres à la retraite.

Le style du Grand Séminaire de Rimouski est caractéristique de l’architecture religieuse de l’époque. Il s’inspire du courant développé par l’architecte et religieux Dom Bellot dans les années 1930. Ce style est caractérisé par des proportions rigoureuses et une utilisation logique des matériaux qui forme « à la fois la structure et le décor ». Au Grand Séminaire de Rimouski, c’est l’utilisation de la brique, la présence de contrefort, les motifs en encorbellement et les détails de l’ébrasement du porche, tout comme le campanile qui couronne l’édifice qui témoigne de ce style.

Après que la Ville de Rimouski ait annoncé son intention dans son plan d’action 2022 de protéger le Grand Séminaire, l’intention du propriétaire de le mettre en vente, tout en protégeant son aspect ancien, a été connu du public par les médias.

Monastère des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire

Les Sœurs du Saint-Rosaire, anciennement les Sœurs de Petites-Écoles sont créées en 1879 à Rimouski, mais ce n’est qu’en 1907 qu’elles déménagent dans la partie centrale de l’actuel monastère. Les plans sont dessinés par le chanoine Georges Bouillon, qui sans étude d’architectes le devient à force d’exercer. Ce dernier, né à Saint-Germain de Rimouski en 1841, il réalisera de très nombreuses œuvres au Québec et en Ontario, inspiré par l’architecture vue lors de ses voyages en Europe et du néogothique.

Ce qui fait la particularité du couvent est la symétrie des très nombreuses ouvertures, ainsi que la sobriété de l’ensemble et l’usage de la pierre gris foncé. La partie est du bâtiment sera construite en 1939 et le côté ouest en 1957. Le verger devant le monastère, témoin de l’héritage agricole des sœurs, est le premier qu’elles constituèrent.

La chapelle décagonale à l’arrière du monastère, avec sa structure de métal, est érigée en 1956 afin de pouvoir accueillir plus de religieuses. Les plans sont d’Albert Leclerc, le même architecte qui a conçu le Grand Séminaire. Les trois arcs du chœur représentent le diadème de Marie et chacun évoque un mystère du rosaire, soit la nativité, la crucifixion et le couronnement de Marie. Des grains de chapelet se rencontrent sous la clef de voûte.

Le Monastère des Sœurs du Saint-Rosaire a été cité dans les derniers mois par la Ville de Rimouski et Serviloge a partagé des détails d’un projet d’envergure pour sa requalification.

Musée régional de Rimouski

Lorsque l’église de bois construite en 1790 devient trop petite et en trop mauvais état, l’idée d’en construire une en pierre qui contiendrait le double des bancs est lancée. L’essentiel de la construction se fait entre 1824 et 1826, puis l’architecte-sculpteur Thomas Baillargé amorce la décoration. Le bâtiment est construit en pierre des champs avec un toit pentu et sur un plan simple de forme rectangulaire sans transept. La sacristie est construite en premier afin d’y réaliser des messes le plus rapidement possible.

Le bâtiment est désacralisé peu de temps après, en 1862 au profit de la Cathédrale Saint-Germain de Rimouski. L’ancienne église servira alors de collège administré par le Séminaire de Rimouski. Ce sont en partie les élèves qui feront des travaux sur le bâtiment pour le rendre plus adapté à sa nouvelle vocation, dont mettre le clocher par terre. Le bâtiment deviendra ensuite la résidence des Sœurs des petites écoles, pour être occupé de nouveau par le séminaire après un incendie. Lorsque ce dernier est reconstruit, les religieuses y retournent de nouveau jusqu’en 1907. Après leur départ, les Sœurs de la Charité lui redonnent sa vocation d’éducation et modifient le bâtiment en y ajoutant un revêtement gris et un toit plat. Méconnaissable, on l’appellera alors le « Couvent gris ».

C’est en 1969 que l’École technique de Rimouski acquiert le bâtiment pour une somme symbolique et créer par la suite la Corporation du Musée régional de Rimouski. Après une recherche de financement, des travaux importants sont amorcés pour redonner son aspect original au bâtiment tout en l’adaptant à sa nouvelle fonction moderne de musée. C’est l’architecte Gaston Martin qui dessine les plans et en fera une réalisation phare de sa carrière. Le musée ouvre officiellement en 1972. Toujours utilisé et adapté, malgré les difficultés d’y habiter, ce bâtiment est témoin de la ténacité de ses habitants. Le Musée régional de Rimouski est maintenant l’un des emblèmes de Rimouski. Dans les dernières semaines, le financement pour réaliser un carnet de santé du bâtiment a été annoncé afin de cibler les travaux d’entretien et de rénovation qui devront être faits pour le garder en bon état.

Ces 4 bâtiments témoignent à eux seuls du développement urbain de Rimouski. Ils représentent l’importance du milieu éducatif, l’apport des congrégations religieuses et de leurs services aux publics, les travaux d’architectes marquants et des courants architecturaux phares aux Québec et ailleurs, ainsi que l’importance du chemin de fer, tout en matérialisant dans l’espace les manières de vivre d’autrefois.

 

Images:

La Gare | J.-Gérard Lacombe | 1947 |P24,S3,SS3,D1,P30
Couvent gris | Photographe inconnu | Collection initiale | P600,S6, D5, P584 | BAnQ Québec
Le Grand Séminaire, vers 1955 |Groupe de fonds Clément Claveau |Collection du Musée régional de Rimouski.
Vue aérienne de la grange-étable et de la maison mère, 1949 | Photographe inconnu | Fonds Archives R.S.R. | Collection de la Société rimouskoise du patrimoine | SRP-2016.15.145

Offre d’emploi | Guide-interprète des Circuits Rimouski

La Société rimouskoise du patrimoine (SRP) est à la recherche d’un·e guide-interprète pour animer les Circuits Rimouski.

Durée : 12 semaines
Dates : 6 juin 2022 au 28 août 2022
Horaire de travail : 35 heures par semaine / 5 jours
Langue(s) de travail : majoritairement en français, parfois en anglais
Lieu de travail : Rimouski

L’animation des Circuits Rimouski permet aux visiteurs de découvrir gratuitement l’architecture, l’histoire et le patrimoine du centre-ville pendant la période estivale.

Consultez l’offre complète : Offre d’emploi – Guide-interprète des Circuits Rimouski_2022

Salaire : 14,75 $
Date limite pour le dépôt des candidatures : 25 avril 2022
Entrée en fonction : 6 juin 2021

Les candidat(e)s sont invité(e)s à faire parvenir, en toute confidentialité, une lettre d’intérêt et leur curriculum vitae au format PDF par courriel à l’adresse direction@srdp.ca.

Sabrina Gendron, directrice générale
Société rimouskoise du patrimoine
22, rue Sainte-Marie, bur. C-102, Rimouski (Québec) G5L 4E2
418 722-3879
srdp.ca | circuitsrimouski.ca

Offre d’emploi | Guide-interprète costumé(e)

La Société rimouskoise du patrimoine (SRP) est à la recherche de guides-interprètes costumé(e)s pour assurer l’animation du Site historique de la maison Lamontagne (SHML).

Durée : 12 semaines (possibilité de prolongation à temps partiel à l’automne)
Dates : 6 juin 2022 au 28 août 2022
Horaire de travail : 35 heures par semaine / 5 jours
Langue(s) de travail : majoritairement en français, parfois en anglais
Lieu de travail : Rimouski

Le SHML propose des activités variées (visites guidées, expositions, potager traditionnel, fournées de pain, spectacles musicaux, etc.) ainsi qu’une boutique de produits régionaux.

Consultez l’offre complète : Offre d’emploi – Guide-interprète costumé(e)_2022

Salaire : 14,50 $
Date limite pour le dépôt des candidatures : 25 avril 2022
Entrée en fonction : 6 Juin 2022

Les candidat(e)s sont invité(e)s à faire parvenir, en toute confidentialité, une lettre d’intérêt et leur curriculum vitae au format PDF par courriel à l’adresse info@maisonlamontagne.com.

Personne responsable :

Janie Deschênes
Responsable du Site historique de la maison Lamontagne
Société rimouskoise du patrimoine
22, rue Sainte-Marie, bureau C-102, Rimouski (Québec) G5L 4E2
418 722-3879
info@maisonlamontagne.com
srdp.ca | maisonlamontagne.com

Semaine de relâche | Cherche et trouve

Semaine de relâche | Cherche et trouve urbain

La Société rimouskoise du patrimoine vous propose une activité autonome à réaliser en famille pour la semaine de relâche! Téléchargez notre Cherche et trouve urbain et partez explorer les quartiers centraux de Rimouski!

Avez-vous déjà remarqué que les bâtiments d’une ville, d’un quartier ou même d’une rue se ressemblent souvent? Ça s’explique par le fait qu’ils ont parfois été construits à la même époque avec des techniques et styles qui étaient à la mode. La situation géographique d’une ville et les activités qui s’y font (maritimes, scolaires, industrielles, commerciales, etc.) influencent aussi à quoi elles ressemblent. Les similitudes entre les bâtiments contribuent à donner du caractère à une ville et à la distinguer des autres. Préserver ces bâtiments rend nos villes belles, ce qui nous donne de la fierté!

Téléchargez le Cherche et trouve urbain

Chronique architecturale | La cabane de pêche sur glace

Il y a quelques semaines, le gel de la banquise en face du centre-ville de Rimouski et du Bic a précipité l’installation des villages de pêcheurs sur glace. Ils y resteront jusqu’au début mars selon les conditions météorologiques. Construction singulière par son aspect mobile et sa fonction, la cabane de pêche blanche est une manifestation emblématique et insolite de la nordicité.

Au Québec et au Canada, la pêche hivernale a d’abord été pratiquée à des fins de subsistance avant de devenir récréative. Au début elle était pratiquée de manière plus individuelle, mais elle s’organise au courant des années 1960, 1970 et 1980 selon les régions. C’est d’abord au Saguenay et en Mauricie que cette tradition s’est installée. En Mauricie, en 1938, un certain Eugène Mailhot découvre la présence de poulamons dans la rivière Sainte-Anne en découpant un bloc de glace pour sa glacière. Des cabanes seront par la suite construites par les habitants des alentours.

Au Bas Saint-Laurent et en Gaspésie, la pêche blanche sur le fleuve Saint-Laurent est beaucoup plus récente : elle aurait commencé vers le début des années 1990. À l’embouchure de la rivière Rimouski, c’est l’année 1998 qui semble être charnière. On attribue cet engouement à un homme qui se serait rendu pêcher sur la banquise ce qui aurait ravivé l’intérêt des Rimouskois et Rimouskoises. Cependant, dans un article du journal Le Soleil, une dame se remémore que dans les années 1930 à 1950, la pêche sur glace était pratiquée à Rimouski. Elle explique cet arrêt par un glissement de terrain, probablement l’éboulis de Sainte-Odile, qui aurait rendu la rivière impropre à la pêche sur glace en compromettant la frayère d’éperlans. Cette activité serait ainsi tombée dans l’oubli pour ne revenir qu’à la fin des années 1990. La reprise inattendue est fulgurante :  dès les premières années, entre 90 et 150 cabanes de pêche prennent nouvelle adresse à l’embouchure.  Un golf s’installe même sur la banquise pendant quelques années et il semble y avoir des rumeurs de festival de l’éperlan. Pendant cette même période, la pêche hivernale semble cependant menacée pour des raisons de sécurité et de propreté. Des tensions auraient même occasionné l’apparition de deux villages de pêcheurs distinct sur la banquise! Depuis, le village s’installe toujours sur les glaces lorsque les conditions le permettes.

Il est difficile de connaitre l’histoire des cabanes de pêche puisqu’elle semble n’avoir fait l’objet d’aucune étude en architecture ou en histoire. Les chercheurs semblent préférer l’étude de l’équipement du pêcheur et de la pêche sportive en été. Toutefois, ces structures, points de couleur sur fond blanc immaculé, ont été photographiées à maintes reprises. Les photographes voient en elles un phénomène singulier ancré dans l’identité des habitants de régions nordiques, ainsi qu’une manifestation d’esprit de communauté et de recherche de lien avec le territoire. Ces projets, dont vous retrouverez plusieurs liens à la fin de la chronique, nous permettent de voir la diversité des cabanes et leurs similitudes.

Sans être capable de retracer l’origine de ces cabanes, on note la présence d’abris éphémères le long de certains ponts de glace au 19e siècle comme celui du pont de glace entre Québec et Lévis. De même, en observant les photographies anciennes des villages de pêche sur glace, on remarque que ces abris semblent avoir peu changé à travers le temps. En effet, la cabane de pêche répond toujours à la même fonction, celle d’être un abri de base. Ainsi, il est possible de dégager trois caractéristiques fondamentales de la cabane liée à sa fonction. La première est qu’elle doit être mobile, donc assez petite et légère, mais permanente afin de pouvoir la réutiliser chaque saison. On note d’ailleurs la présence de roulotte convertie en cabane de pêche sur plusieurs cours d’eau. Ensuite, la cabane de pêche doit offrir une protection suffisante contre le froid pour permettre de passer plusieurs heures sur la banquise de façon confortable. Un petit poêle ou une chaufferette meublent souvent les abris. Finalement, afin de pouvoir pêcher, le plancher de la cabane comporte une ou des ouvertures sur le sol. Ces éléments influencent le choix du type de matériaux qui est souvent porté vers le bois, la tôle ou encore les plastiques. Le mot d’ordre semble être la réutilisation de matériaux. Plus récemment, il est possible d’acquérir des tentes portables de pêche en quincaillerie.

L’apparence de la cabane est généralement celle d’une maison simple et réduite en taille. Les toits peuvent être plats, mais sont plus souvent dotés de diverses pentes leur donnant des silhouettes de maison. Toits à un ou deux versants sont les plus communs, mais on aperçoit aussi des toits à la Mansart ou encore asymétriques. Ceux en pavillon, à croupe et à 4 versants sont peu ou pas présents, probablement en raison de leur niveau de construction plus complexe qui n’a pas vraiment de plus-value. Les cabanes sont généralement construites sur un plan rectangulaire ou cubique puis décorées au goût des propriétaires. Aucun règlement municipal n’encadre les couleurs permises, ce qui laisse de la latitude pour les pêcheurs créatifs. Elles comportent bien sûr une porte et souvent une ou plusieurs fenêtres. L’installation intérieure de la cabane peut être plus ou moins complexe selon sa superficie. Certains n’y installe qu’une chaise et d’autres y mettent cuisinette, lit et fauteuils.

L’organisation des cabanes de pêche sur la banquise est le plus souvent aléatoire comme à Rimouski. À certains endroits cependant, elles sont organisées en quadrilatère, créant des rues de circulations avec des patinoires ou encore des lieux de rassemblement.

Pour les curieux, il est encore temps d’aller s’y promener : le village de pêche sur glace va encore être sur la banquise pour plusieurs semaines avant de disparaitre comme il est apparu.

Projets artistiques en lien avec les cabanes de pêches :

Image 1: Cabanes de pêches sur glace. Rimouski. Hiver 2019. Sabrina Gendron.

Image 2: Eugen Haberer. Les événements de la semaine. L’Opinion publique Vol. 11, no 50 (9 décembre 1880).https://cap.banq.qc.ca/notice?id=p%3A%3Ausmarcdef_0002743140&Lang=FRE

Sources :

Bernatchez, Paradis, Brisson-Bonenfant et al. « Portrait de la pêche hivernale au Québec : historique, gestion et perspectives ». Le naturaliste canadien. Vol. 144, no. 2, automne 2020.

Du golf sur la banquise à Rimouski » Le Soleil, 8 mars 2011. P.A3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2897163?docsearchtext=p%C3%AAche%20blanche%20rimouski

« La Banquise prise d’assaut ». Le Soleil, 8 mars 1999. P. A3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2932907?docsearchtext=p%C3%AAche%20blanche%20rimouskila

« Cabanes de pêche emportées par les glaces » Le Soleil, 24 mars 1999. P. A4. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2933032?docsearchtext=p%C3%AAche%20sur%20la%20glace%20rimouski

 

Récit de lèche-vitrine | Carte des affiches

 

Vitrines de Noël, commandes postales et courses de dernière minute : voyagez dans les commerces de Rimouski au 20e siècle en repérant nos affiches dans les vitrines d’entreprises du centre-ville!

Huit affiches sur cinq thématiques différentes sont dispersées dans les rues Saint-Germain Est et Ouest et sur l’avenue Cathédrale.

Du 10 décembre jusqu’au 6 janvier!

Pour télécharger la carte, cliquez ici.

Chronique architecturale | Récit de lèche-vitrine

Pour le temps des fêtes, la Société rimouskoise du patrimoine organise Récit de lèche-vitrine, un circuit éphémère dans les vitrines d’entreprises situées sur les rues Saint-Germain et Cathédrale. C’était l’occasion de nous pencher sur l’histoire commerciale du centre-ville de Rimouski et sur les traditions de Noël qui y tenaient place !

Au tournant du 20e siècle, on retrouve les magasins généraux typiquement dans les milieux ruraux. Souvent tenu par plusieurs générations d’une même famille, il est possible d’y retrouver tout le nécessaire (vêtements, aliments, matériaux, quincaillerie, etc.). Originellement, les propriétaires habitaient eux aussi dans l’édifice. À leur construction, les magasins H. G. Lepage et Couillard & Fils étaient des bâtiments à deux et trois étages à la Mansart. Dans la ville, il reste peu d’édifices ayant été occupés par ces magasins, puisqu’ils ont été soit démolis ou grandement transformés. Tout de même, le magasin général d’Albert Michaud, situé au 188, rue Évêché Ouest, possède encore son volume. Au tournant du 20e siècle, la fête de Noël est peu fêtée en comparaison au Jour de l’an. Le magasin général étant un lieu de rencontre : on peut facilement s’imaginer les discussions autour des visites et du menu pour les festivités.

Avec le développement du chemin de fer, une plus grande diversité de produits est disponible à Rimouski, ce qui permet aux magasins de spécialités d’ouvrir. Ce mouvement suit aussi la spécialisation des professions. Bijouteries, quincailleries, boutique d’articles de sport et pour enfants s’installent à partir des années 1930. Un souffle nouveau arrive également à Rimouski dans le secteur entrepreneurial après l’ouverture de l’École de commerce en 1944. Ces boutiques sont situées dans une diversité de bâtiment, parfois des maisons anciennes, parfois des bâtiments destinés à la vocation commerciale. Les fenêtres du premier étage prennent de la largeur pour montrer la marchandise et attirer les clients. De même, les enseignes ornementées et de plus en plus grandes se mettent à peupler les rues. Ces éléments contribueront à l’animation des artères centrales et à donner du caractère aux centres-villes.

Après la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la montée de la société de consommation, poussé par le modèle américain. Les prix des biens chutent grâce à l’industrialisation et aux nouvelles techniques de fabrication. Pour de nombreuses personnes, cela signifie un pouvoir d’achat plus grand. On promeut une vision de la consommation comme symbole de réussite sociale. Le modèle du magasin général, qui fonctionnait souvent à crédit et dont les prix fluctuaient parfois dépendamment de l’acheteur est délaissé : les prix sont maintenant affichés et stables. Les grandes chaines de magasins en formule magasin à rayons ou 5-10-15 (5,10 et 15 sous), ancêtre des magasins à 1 dollar, arrivent à Rimouski dans les années 1950.

À cause du feu de 1950, ils s’installent dans une ville aux bâtiments modernes et adaptés à la vocation commerciale (style boomtown, art déco ou encore moderne). Les chaines sont alors concentrées sur la rue Saint-Germain Ouest, fraichement rebâtie et beaucoup plus large, ce qui attire les automobilistes des alentours. Il est possible de nommer Woolworth’s à l’emplacement de la Librairie l’Alphabet, Zellers à celui de Poste Canada, Handy Andy au Presse Café, People’s store dans le bâtiment du Kirhalla chaussures et United au Gendron sport. Des versions locales des magasins à rayons sont aussi développées et vont peupler le côté est de Saint-Germain, par exemple J.E Thibault, le bâtiment qui est aujourd’hui le Thai Express et J.E. Santerre dans le Gymnasyum. Cette période est celle où les arrangements des vitrines des magasins deviennent de plus en plus élaborés et populaires. Les boutiques les adaptent au moment de l’année. À Noël, c’est lumières, personnages, parfois mécanisés et neige artificielle en plus des beaux objets et jouets mis en vente. Au magasin Verreault qui fait le coin de la rue Cathédrale et Saint-Germain, ce sont deux façades entières qu’on décore pour Noël. L’arrivée du Père-Noël au People’s store attire les foules qui font la file de la rue Cathédrale jusqu’au magasin situé dans le bâtiment du 106-112, rue Saint-Germain Ouest.

C’est dans la volonté de revitaliser le côté est de Saint-Germain que le premier centre commercial de Rimouski, La Grande Place, est inauguré en 1969. Le développement des banlieues amène à la création des centres commerciaux. En effet, le concept est développé dans l’optique de créer une ambiance de rues marchandes décentrées du centre-ville. La Grande Place détonne alors des modèles standards. Construit traditionnellement avec des corridors intérieurs donnant sur des locaux de commerces, sans fenêtres et sur un ou plusieurs étages, les galeries marchandes sont alors très populaires. Au temps des fêtes, une programmation d’activités y est organisée en plus de décorations. On fait plusieurs heures de route pour s’y rendre et les files s’étendent jusqu’à l’extérieur des magasins. Progressivement, les acheteurs vont délaisser La Grande Place pour aller aux centres commerciaux situés à l’ouest de Rimouski.

Le patrimoine bâti commercial fait partie de notre quotidien, ce qui fait en sorte qu’il est souvent considéré comme moins important que les édifices aux vocations plus prestigieuses. Ces bâtiments sont toutefois d’autant plus parlants de l’histoire des localités qu’ils ont un aspect public et un attachement de la part des citoyen·nes. De plus, ces boutiques sont souvent liées à des personnalités, propriétaires et employé·es, piliers de quartiers, sur des dizaines d’années. La pérennité de ce patrimoine commercial dépend alors beaucoup des propriétaires, commerçant·es et entrepreneur·es qui occupent ces lieux. Nous tenons donc à souligner leur apport dans la conservation du patrimoine bâti de Rimouski, qui, tout en améliorant la qualité de vie et l’attractivité du centre-ville, permet d’envisager la cadre urbaine de Rimouski comme un ensemble.

Image: Rue Saint-Germain Est, Rimouski. Vers 1960. J.-Gérard Lacombe. Fonds Alain Ross. Collection de la Société rimouskoise du patrimoine.

Bibliographie

BOURDAGES Jeannot, et al. Rimouski depuis ses origines. Société d’histoire du Bas-Saint-Laurent et Société de généalogie et d’archives de Rimouski. 2006. 409 pages

Continuité. Spécial Commerces. No. 11, Hiver 2006-2007.

Circuits Rimouski; guide des circuits. Société rimouskoise du patrimoine. 2018. 127 pages.

FERLAND Catherine. « Le magasin général, petite histoire d’une institution populaire ».juillet 2021. [en ligne] https://www.lepanierbleu.ca/blogue/le-magasin-general-petite-histoire-dune-institution-populaire

SIMMINS, Geoffrey et D. KALMAN, Harold. « Centre commercial ». L’Encyclopédie canadienne. Janvier 2008. [en ligne] https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/centre-commercial

Chronique architecturale | L’architecture scolaire

Avec le début des classes du mois dernier, nous avons décidé de nous pencher sur patrimoine bâti scolaire. L’architecture des écoles a évolué avec les différents courants pédagogiques que l’on croyait favoriser l’apprentissage, ainsi que les règlements et réformes régissant le système scolaire.

Avant la deuxième moitié du 19e siècle au Québec, le portrait scolaire est assez varié. Un grand nombre d’enfants et d’adolescents ne sont pas ou peu scolarisés et apprennent en milieu familial. En ruralité, on retrouve les fameuses écoles de rangs qui étaient composées, le plus souvent, d’une ou deux salles de classe pour les enfants de tous âges et du logement de l’institutrice ou de l’instituteur. L’École de l’Anse à Notre-Dame-du-Portage et l’École Delisle à Rivière-Ouelle en sont des exemples toujours debout. Plusieurs élèves suivent des cours spécialisés dans les logements privés de leur tuteur ou dans des locaux loués à l’occasion, tels que des sous-sols d’église.  On retrouve également les collèges classiques, les séminaires et autres écoles administrés par des congrégations religieuses. Le premier Séminaire de Rimouski est d’ailleurs fondé en 1862. Les communautés religieuses enseignantes des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire et les Ursulines arrivent respectivement en 1879 et 1906 à Rimouski. De même, l’école des Beaux-séjours de Sainte-Odile est bâtie en 1910 et celle des Frères du Sacré-Cœur (Ateliers Saint-Louis) l’est en 1924. Ainsi, l’architecture scolaire de cette période s’inscrira énormément dans celle religieuse et conventuelle.

Les plans des bâtiments sont simples, habituellement avec une unique grande porte en façade, avec les classes et les bureaux situés de part et d’autre d’un corridor traversant le bâtiment. Lorsque l’école se fait pensionnat, elle est aménagée pour être également un lieu de vie avec de vastes salles-dortoirs, souvent dans les étages supérieurs. La cafétéria se situe généralement au premier étage et la cuisine au sous-sol ou près du réfectoire. L’école est un lieu d’encadrement physique et moral, et cela transparait dans l’architecture, avec l’allure austère et imposante des façades. Il est possible de penser ici à l’École des Frères du Sacré-Cœur, ainsi qu’à l’École moyenne d’agriculture, respectivement sur la rue de l’Évêché et la rue Saint-Jean-Baptiste à Rimouski. L’École moyenne d’agriculture (1922) s’inscrit dans le développement du réseau scolaire, visant notamment à offrir une éducation aux personnes ne se destinant pas aux études universitaires ou n’en ayant pas les moyens. Les écoles qui ouvriront enseigneront des domaines qui sont foncièrement liés au développement économique de la région. Elles assiéront la position de Rimouski comme pôle régional étudiant et de services. Ainsi, l’École Arts et Métiers (1936) et celle de commerce (1944), aujourd’hui Cégep de Rimouski, l’École de Marine (1943), aujourd’hui l’Institut maritime du Québec (IMQ), ouvrent dans cette même vague. Jules A. Brillant, homme d’affaires rimouskois, contribua de manière importante à leur fondation, souhaitant employer du personnel qualifié dans ses entreprises. À ces écoles s’ajoute l’Institut familial (1941) devenu la résidence pour personnes âgées le Manoir Les Générations et les écoles normales de la région.  À ce jour, l’ancienne École moyenne d’agriculture, tout comme l’École des Frères du Sacré-Cœur sont inoccupés depuis de nombreuses années, menant à leur dégradation progressive.

Au courant du 20e siècle, la tendance fonctionnaliste (pensée selon laquelle la forme d’un bâtiment doit être exclusivement adaptée à sa fonction) de l’architecture moderne, ainsi que la réforme de l’éducation viennent modifier l’architecture scolaire.  Dans les années 1940, on rend l’école obligatoire jusqu’à 14 ans et gratuite et on crée le ministère du Bien-être social et de la Jeunesse, ce qui initie une grande campagne de construction d’école. Suivi de près par le baby-boom, le phénomène s’intensifie. Le modèle des écoles de rangs disparait aux profits des écoles publiques des villes et villages. Les classes contiennent parfois plus de 50 élèves. En même temps, les recherches en pédagogies entreprises dans les décennies précédentes s’approfondissent, ce qui fait en sorte de standardiser les normes de constructions et de donner plus d’espace aux élèves. Les fenêtres deviennent beaucoup plus grandes et l’éclairage artificiel se démocratise. Dans les années 1950, on a tendance à séparer dans des bâtiments différents les salles administratives des salles de classe et des salles spécialisées. La plupart des écoles primaires et secondaires de Rimouski sont construites durant cette période, comme les écoles Saint-Yves (1951-1952), Sainte-Agnès (1960-1961), Élisabeth Turgon (1957), l’Aquarelle (1951), Langevin (1957), Saint-Jean (1959) et L’Estran (1957). Ces écoles abritent également le logement des communautés religieuses qui y enseignent. Plusieurs d’entre elles sont construites par des architectes de renom, dont Edgar Courchesne, Firmin Lepage, Gaston Martin, ainsi qu’Albert Leclerc, qui avait entre autres planifié et dirigé les travaux de reconstruction après l’incendie de 1950.

Les recommandations du rapport Parent de 1964 vont avoir un impact sans précédent sur le système d’éducation québécois. L’école est dorénavant obligatoire jusqu’à 16 ans, les niveaux scolaires tels qu’on les connait sont implantés et le ministère de l’Éducation est créé pour assurer la gestion de l’éducation par l’État, et non plus par les institutions religieuses. Ces éléments mènent à la création des polyvalentes, ces vastes écoles combinant formation professionnelle et générale.  Phénomène déjà commencé, on se distancie du traditionnel bloc rectangulaire pour créer des plans à l’architecture labyrinthique et aux formes inusitées créant de nouveaux espaces de rassemblements pour les élèves. On souhaite des écoles pouvant s’adapter aux exigences changeantes de la pédagogie. L’art prend une plus grande place et le béton est de plus en plus utilisé, autant comme élément décoratif que structurel. L’École secondaire Paul-Hubert, construite en 1964 selon les plans de l’architecte Edgar Courchesne, et ayant plus que doublé de superficies en 1968, sera officiellement identifiée comme polyvalente en 1970. À son apogée, elle a accueilli près de 4 000 élèves. Puisque la polyvalente prône l’aire ouverte, ce qui créer des difficultés au niveau de l’apprentissage, elles seront largement modifiées par la suite. Comme témoin de cette philosophie, certains des murs mobiles sont toujours présents dans ces écoles. Les cégeps sont créés dans la même période et remplacent les collèges classiques.  Plusieurs d’entre eux vont continuer d’habiter les mêmes lieux, ce qui explique pourquoi nombreux sont ceux qui sont dans d’anciens séminaires ou couvents. Pensons notamment aux cégeps de Rimouski et de La Pocatière. Devant cette nouvelle masse de personnes ayant accès à l’Université, le système public d’Université du Québec est développé. En 1969, l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) s’installe dans l’ancien monastère des Ursulines. Cette même année, uniquement dans les régions du Bas-Saint-Laurent et de Gaspésie-île-de-la-Madeleine, 9 établissements scolaires sont créés. Ce nombre s’ajoute aux écoles qui sont agrandies et rénovées en convertissant les logements des religieux.se enseignant.es.

Dans les années 1970, la hausse de la population diminue et le Québec se retrouve avec un surplus d’écoles qui ne répondent plus forcément aux normes. On voit alors le premier mouvement de démolition, vente et fermeture, mais aussi de rénovation et de reconversion. En 1980, un épisode un peu singulier voit le jour avec le déménagement de l’École Monseigneur Léonard de Sainte-Agnès pour agrandir l’école qui est aujourd’hui le Pavillon d’amour de l’École des Beaux-séjours. Il faudra séparer l’école en trois sections et la faire passer par-dessus le pont ferroviaire, tout en se coordonnant avec le passage des trains.

Aujourd’hui, devant les critiques d’école peu conviviale et la nécessité d’en construire de nouvelles en raison de la nouvelle augmentation de population, des groupes de chercheurs se penchent sur le sujet, tels Schola et le Lab-École. On souhaite des écoles inspirantes, ergonomiques, vivantes et flexibles.

En plus d’être des témoins matériels de l’évolution du système scolaire québécois et des courants pédagogiques, de par son importance visuelle, l’école est un repère nous permettant de se situer et de structurer sa perception du cadre urbain. L’école est au cœur d’un quartier, comme les autres lieux de rassemblements, et un fort sentiment d’appartenance y est lié à cause des souvenirs de jeunesse qui y sont associés.

Sources :

Continuité. Dossier L’école : un patrimoine à reconnaître. No. 102. Automne 2004.

Collectif. L’architecture moderne des établissements de la commission scolaire de Montréal. Sous la dir. de Claudine Deom. Université de Montréal. 2018. [en ligne] https://www.cssdm.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/Architecture-moderne-etablissements-csdm.pdf

Basil, Soraya; Crevier, Yvon et Lachapelle, Jacque. Un processus de conservation du patrimoine bâti scolaire. SCHEC, Études d’histoire religieuse, 71 (2005), p.51-65 èn ligne] https://www.erudit.org/en/journals/ehr/2005-v71-ehr1825658/1006611ar.pdf

Circuits Rimouski; guide des circuits. Société rimouskoise du patrimoine. 2018. 127 pages.

Commission scolaire des phares. Nos écoles, un patrimoine vivant! 2005. Rimouski. [en ligne] https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3988416?docref=0xPYYFvrXTRK2pyeZGLhpg

Images:

École de l’Annonciation (Aujourd’hui École de l’Estran) | Fonds Lorenzo Michaud | 1959-1975 |   Collection Société rimouskoise du patrimoine | SRP-2021.5.7

Résidence d’artiste d’Alice Cloutier-Lachance | Pour l’instant, dans les herbes hautes

Du 10 septembre au 10 octobre, en collaboration avec le Centre d’artistes Caravansérail et la Fonderie Darling, nous recevons en résidence, au Site historique de la maison Lamontagne, Alice Cloutier-Lachance, artiste-photographe.

Avec Pour l’instant, dans les herbes hautes, l’artiste se lance dans un projet de recherche photographique portant sur le phénomène d’exode urbain vers la région. Tout en explorant le lien entre l’humain et son environnement, l’artiste souhaite entrer en dialogue avec des individus ayant choisi de vivre cet exode. C’est avec la photographie argentique qu’elle a l’intention de saisir l’essence de ce phénomène.

Il est possible d’aller à sa rencontre, chaque samedi, au Site historique de la maison Lamontagne, 707, boulevard du Rivage, G5L 7L4, Rimouski.

Vous avez fait le choix de quitter la ville pour la région et vous souhaitez participer au projet? Vous pouvez contacter Alice Cloutier-Lachance par courriel au alicecloutier8@gmail.com, ou encore par Instagram sur @alicecloutier.

Née et vivant à Montréal, Alice Cloutier-Lachance est une photographe émergente complétant présentement un Baccalauréat en photographie à l’Université de Concordia. Après avoir quitté le Québec pendant quatre ans, sa pratique photographique est inspirée d’un thème central dans sa propre vie: la relation entre l’espace et l’individu, particulièrement chez les jeunes. La représentation de la jeunesse, la spatialité et les transitions qui entourent ce thème.

Site web de l’artiste : https://www.alicecloutierlachance.com/
Instagram de l’artiste : https://www.instagram.com/alicecloutier/?hl=fr-ca

Ce projet est rendu possible par l’Entente de développement culturel entre le ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Rimouski.

©Alice Cloutier-Lachance, Chemin du 2e-Rang-du-Bic, 2021

Chronique de la SRP | L’architecture de vacances

Hôtels de villégiature, villas, motels et casse-croûtes: l’architecture de vacances

L’été amène les vacanciers à se déplacer et à visiter des lieux qui sont consacrés à leurs activités touristiques. Pour cette chronique de la SRP nous allons visiter quelques architectures emblématiques de la saison estivale. Continuer la lecture « Chronique de la SRP | L’architecture de vacances »

Rapports annuels

L’objectif de l’organisme est de mettre en valeur l’architecture et l’histoire de Rimouski afin de sensibiliser la population à la sauvegarde du patrimoine bâti.

Pour répondre à notre mission, nous organisons diverses activités de sensibilisation en plus d’offrir un service-conseil gratuit aux propriétaires désirant rénover leur immeuble tout en respectant le cachet d’origine.

La Société rimouskoise du patrimoine assure également la gestion des Circuits Rimouski et du Site historique de la maison Lamontagne.

Continuer la lecture « Rapports annuels »

Offre d’emploi | Responsable de l’inventaire du patrimoine bâti

La Société rimouskoise du patrimoine (SRP) est à la recherche d’un(e) responsable de l’inventaire du patrimoine bâti pour principalement mettre à jour les fiches de l’inventaire et mettre en relation les archives de nos collections avec les bâtiments inventoriés.

Continuer la lecture « Offre d’emploi | Responsable de l’inventaire du patrimoine bâti »

Avis | Avenir des Ateliers Saint-Louis

La Société rimouskoise du patrimoine s’inquiète des commentaires qui ont été diffusés récemment dans les médias indiquant que la démolition des Ateliers Saint-Louis serait la seule option possible compte tenu de l’état de détérioration de l’immeuble. La SRP tient à rectifier ces affirmations et à réitérer la valeur patrimoniale « Exceptionnelle » de l’édifice, tel qu’il est spécifié dans l’inventaire du patrimoine bâti de Rimouski, accessible sur le site Internet de l’organisme. Continuer la lecture « Avis | Avenir des Ateliers Saint-Louis »

Nouvelle direction générale

La présidente du conseil d’administration de la Société rimouskoise du patrimoine, madame Marielle Esclapez, est heureuse d’annoncer la nomination de madame Sabrina Gendron au poste de directrice générale de l’organisme. Le conseil d’administration réuni le 7 août 2018 a entériné la recommandation soumise par le comité d’embauche mandaté à cette fin. Suite au processus de recherche de candidats, lancé en juillet dernier, le comité est persuadé que madame Gendron est la meilleure personne pour ce poste. Continuer la lecture « Nouvelle direction générale »

Maison Martin-Josué-Lepage

En 1902, le marchand Herménégilde-G. Lepage érige une demeure sur l’actuelle avenue Belzile, avant de la transmettre à son fils Martin-Josué. Cette demeure est le seul exemple d’influence italienne à Rimouski. Ce type d’architecture était populaire au Canada pendant la deuxième moitié du 19e siècle. En 1978, les propriétaires Ursule et Léa Lepage vendent la maison à la firme comptable Blouin et Associés. Continuer la lecture « Maison Martin-Josué-Lepage »

Compagnie de Pouvoir du Bas-Saint-Laurent

C’est à l’hiver 1903 que les rues principales et certaines résidences sont éclairées à l’électricité pour la première fois par la Compagnie électrique de Rimouski. L’usine électrique et un barrage, construits en 1914 par le Crédit municipal canadien, sont rachetés en 1923 par la Compagnie de Pouvoir du Bas-Saint-Laurent. L’entreprise, dont le siège social est situé sur l’avenue de la Cathédrale à Rimouski, est la propriété de l’homme d’affaires rimouskois Jules-A. Brillant.

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Façade maritime

Au 19e siècle, Rimouski est l’un des lieux de villégiature les plus fréquentés de la rive sud du fleuve Saint-Laurent après Kamouraska, Rivière-du-Loup et Cacouna. Avant le Grand Feu de 1950, une plage s’étend jusqu’à la rue Saint-Germain. Dans les mois qui suivent le Grand Feu de 1950, une nouvelle structure de béton est construite afin d’aménager la route actuelle (route 132).

Continuer la lecture « Façade maritime »

Mémoire sur l’avenir de la cathédrale de Rimouski

La Société rimouskoise du patrimoine (SRP) est un organisme à but non lucratif né de la fusion, en 2004, de la Société Joseph-Gauvreau pour le patrimoine et du Comité du patrimoine de la Maison Lamontagne.

Notre organisme a pour mission de générer l’appropriation collective du patrimoine et la participation citoyenne, afin de contribuer au sentiment d’appartenance au milieu et à l’amélioration de la qualité de vie à Rimouski.

Afin de mener à bien notre mission, nous produisons des outils de sensibilisation, développons des circuits patrimoniaux, réalisons l’inventaire du patrimoine bâti de Rimouski, organisons des conférences thématiques, gérons le Site historique de la Maison Lamontagne, le tout en plus d’offrir à la population un service-conseil.

C’est en tant que spécialiste du patrimoine rimouskois que nous déposons ce mémoire dans le cadre de la Consultation publique sur l’avenir de la cathédrale de Rimouski. Nous tenons également à réitérer un de nos mandants, celui de service-conseil offert gratuitement aux personnes désirant réaliser des travaux de rénovation ou de restauration d’un bâtiment patrimonial. Ce faisant, nous avons offert et nous serons toujours disposés à offrir ce service à toute personne ou tout groupe qui sera chargé d’élaborer un projet pour la cathédrale et nécessitant un avis professionnel sur la préservation et la mise en valeur du patrimoine.

Téléchargez le fichier .PDF : Mémoire Société rimouskoise du patrimoine – cathédrale

 

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